A la recherche de l’héroïsme

Nous vivons une époque où l’affaiblissement des valeurs, des espérances, des fois suscite sans doute un plus grand désir d’épopées, de légendes. Ce besoin instinctif soulève tout u…

Source : A la recherche de l’héroïsme

Jeanne d’Arc? Une migrante…et un Maire de Londres

C’est désolant: nous avons dans nos gênes historiques une héroïne de premier plan, et qui s’en empare, qui la tient en captivité? Ceux-là même qui voudraient pourchasser les migrants…

Or Jeanne, celle qui a rétabli la France, était bien une migrante. Eh oui, elle n’était pas française, mais sujette du Duché de Bar, et appartenait donc à la Maison d’Anjou, dont le Prince René, le bon Roi René, certes pair de France (comme le Duc de Bretagne), était surtout duc de Lorraine, comte de Provence, roi d’Aragon, de Naples et de Sicile.

Jeanne a quitté Domrémy en 1429, et le Duché n’est devenu français qu’en 1479, par un coup de Jarnac de Louis XI.On se souvient des vers de François Villon, évoquant: « Jeanne, la bonne Lorraine – Qu’Anglais brûlèrent à Rouen »

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Certains historiens considèrent que l’épopée de Jeanne d’Arc a été l’oeuvre d’une autre migrante, Yolande d’Aragon, mère de René d’Anjou, sans doute l’un des plus grands acteurs politiques du Moyen Age français. C’est elle qui avait négocié la succession du Duché de Lorraine pour son fils René. C’est par son influence et celle de sa fille Marie qu’elle avait mariée à Charles VII, que ce roi apathique, piqué au flanc par Jeanne, reprit vigueur et finalement put mettre un terme à la Guerre de Cent ans. Pour parfaire son oeuvre, l’habile Yolande avait aussi mis dans le lit de son gendre l’une de ses dames de cour, la belle Agnès Sorel.

Héros et diplomates, les migrants, quoiqu’en disent les frileux, ont beaucoup à nous apporter. Souhaitons de voir la sagesse d’un migrant, le nouveau Maire de Londres, nous éviter que le Brexit vienne fracturer l’Europe.

 

Wolinski, héros hebdo

Pauvre enfantIl nous a fait du bien, Georges Wolinski, au long des années incertaines, quelle que fût son support d’expression:  de l’Huma à Match, jusqu’à Charlie, il était toujours libre de son opinion, critique sans méchanceté.

Son épouse Maryse rappelle qu’il avait mis en garde Charb au sujet de caricatures qui pouvaient blesser au delà de l’utilité.

Libre, et sage, capable de résister au terrorisme de la « bien-pensance ». Témoin ce merveilleux dessin, dont la sagesse aurait du inspirer nos gouvernants, qui en choisissant de promouvoir le « mariage pour tous » au lieu de l’emploi, ont fracturé la société française et sans doute boosté un peu plus le Front national.

Son héroïsme du quotidien, c’était de rester fidèle à sa philosophie, inconcevable pour un  fanatique ou un autocrate:  « L’humour est le plus court chemin d’un homme à un autre »

 

Victoire: Daech nous remet debout

porte de brandebourgC’est une victoire! Notre soi-disant colonisateur repeint la Porte de Brandebourg aux couleurs françaises. On joue la Marseillaise à Madrid avant le match du Real contre le Barca. L’image universelle de la France, après des années de commisération, sort des limbes. Et c’est une victoire sur nous-mêmes.Après une semaine d’horreur et de deuil, il faut se rendre à l’évidence: la France a changé. Elle est entrée en Résistance;

  • Oublié le « principe de précaution », innovation décadente de notre constitution. Nous sommes devenus grands, capables d’affronter la peur. Nous retrouvons pour ce combat nos armes historiques, la Marseillaise, les trois couleurs du drapeau de la République. Tout un peuple chante à l’unisson, blancs ou noirs, jeunes ou vieux, laïques, chrétiens, juifs ou musulmans, joueurs et supporteurs de foot, députés de gauche et de droite. Qui eût cru cela possible il y a seulement une semaine?
  • La détermination nous conduit à accepter sans barguigner les mesures d’exception dont la simple évocation eût fait bondir au moins 50% des français la semaine dernière.
  • Nous résistons mieux, il me semble à la facilité de l’amalgame. Les victimes musulmanes, les témoignages d’adhésion entière à la nation y sont sans doute pour beaucoup. Mais encore une fois, peut être devenons-nous grands.

Résister, ce n’est pas s’enfermer dans la haîne. La tête du serpent, il faut l’écraser, c’est pure raison. Ces émirs successeurs de l’effroyable Wahab ou du Vieux de la Montagne, ces généraux de Saddam, et quelques psychopathes n’ont pas leur place sur terre. Mais ces enfants, dont nombre, musulmans ou non, viennent de chez nous, ils me font penser à Pinocchio abusé et embarqué pour l’île aux enfants. Ces jeunes assassins sont des zombies, pervertis puis drogués au captagon. Arrivés en Syrie, s’ils ne sont pas assez dociles, on les asservit, on les tue, ou on les destine à être kamikazes. Certains arrivent à s’échapper, ou, arrivés sur les lieux de leur mission de mort, se rendent ou refusent (Qui peut expliquer que ces kamikazes du Stade de France n’aient pas déclenché leur ceinture explosive au milieu de la foule? Le scénario de fin de mon roman « Le lait et le fiel », 2012, était peut être prémonitoire).

Et nous-mêmes, sommes-nous vraiment innocents? En fin de ce billet, je retranscris des extraits de mon post d’Avril 2014 intitulé « Enfant du Djihad, je ne suis pas un héros ».

Résister, c’est agir au niveau de chacun. L’Etat, l’armée, la police font leur travail, nos critiques seraient vaines.Mais nous pouvons revoir nos propres habitudes de pensée:

  • Prenons conscience que la drogue finance notre ennemi.  Nos vices lui donnent des ailes. Il faut arrêter!
  • Il nous reste depuis les années noires de l’occupation, une réticence au renseignement. Soyons assurés que si la dénonciation des victimes était infâme, le signalement des bourreaux est un acte de résistance.
  • Bientôt des élections. S’abstenir, ce n’est plus le refus des partis, c’est un refus de s’engager pour la vigueur de notre République.

 

Extraits de l’article du 10 Avril 2014:

Enfant, chante comme Ballavoine! Tu n’es pas un héros, mais ce n’est pas ta faute. Voici pourquoi:

C’est notre faute. Parce que  …nous t’accueillons dans une société sans souffle, sans noblesse, sans courage.

Parce que nous avons laissé sans aide l’opposition syrienne, désarmée devant un régime monstrueux, de même que nous n’avions pas levé le petit doigt pour

aider le Commandant Massoud contre les talibans.Et parce que, quand l’afflux des troupes d’Al Qaïda venues d’Irak et d’ailleurs au grand soulagement de Bachar El Hassad, est venu déborder la rébellion, notre Gouvernement a joué les matamores au lieu de s’assurer des alliés, et de négocier la neutralité des Russes. Et abandonné la partie toute honte bue.

Il était juste, jeune homme, jeune fille, de vous indigner, de vouloir agir par vous mêmes puisque votre Pays mettait la tête sous le sable, au point même d’oublier les réfugiés. Ce qu’un Etat digne de ce nom aurait du faire pour vous, c’est  comprendre  votre désir de justice, ne pas laisser le monopole du discours et de l’action aux sectes marginales du fondamentalisme, le seul canal de communication à leurs videos d’intox, sur les réseaux sociaux où ils régnaient sans concurrence.

Vous n’étiez pas à priori des grands croyants illuminés, nombre d’entre vous étaient peu pratiquants, ou récemment convertis. Mais l’injustice pave le chemin des dieux aussi cruels soient-ils.

Et aujourd’hui, vous voici considérés comme des criminels, destinés à la prison si vous n’êtes pas morts en Syrie .Or ce n’est pas ainsi que l’Histoire a jugé les Brigades Internationales qui ont lutté en Espagne contre un fascisme qui n’était pas pire que le régime syrien. Les Etats qui avaient signé un traité de non-intervention n’en ont pas moins aidé leurs nationaux engagés par conviction ou par indignation: André Malraux a constitué son escadrille « Espana » avec l’aide de Pierre Cot, ministre de l’Air. Nombreux sont les rues qui portent encore le nom du Colonel Fabien, et c’est Rol-Tanguy qui dirigea la Libération de Paris en 1944. Ils étaient bien des héros, auxquels Jacques Chirac accordera la qualité d’anciens combattants en 1996.

Alors, la France devrait changer de méthode, et entraîner dans son sillage tous les pays du Monde indignés par l’horreur syrienne. D’abord, encadrer les jeunes volontaires, leur rappeler que le principe des enfants-soldats est un principe affreux, qui dégrade toute leur société, toute leur église. Et les mobiliser comme soldats de la Paix, dans l’action sociale, la logistique, la collecte de médicaments et de nutriments, puis quand ils ont plus de bouteille, l’assistance dans les camps de regroupement, en Jordanie, au Liban…

Ensuite, aider les adultes volontaires, après avoir contré le recrutement sauvage des réseaux d’Al Qaïda et de l’Etat islamique, et même les armer dès qu’ils apparaissent sûrs. C’est à dire capables de lire le Coran ou l’Evangile, Les Misérables ou La Peste au lieu de se laisser aliéner par les videos sauvages. C’est à dire assurés de savoir leur Pays derrière eux.

 

 

 

Leçon d’Histoire à Madame Morano

Parler d’identité française peut s’avérer imprudent pour les cancres en Histoire-géo. Madame Morano et ses admirateurs Robert Ménard ou Alain Delon ont quelques lacunes dans ce domaine. On veut bien que la France soit un pays laïque de culture chrétienne. Mais de race blanche? Sans doute n’excluent-ils pas, ce qui peut surprendre de leur part, maghrébins et arabes, qui, ainsi que chacun sait sont de « race » blanche, comme nous,

Ils ciblent donc les noirs? Voila de quoi surprendre nos compatriotes noirs, qui eux connaissent l’Histoire. Madame Morano a-t’elle oublié que l’auteur de Trois Mousquetaires était d’origine noire? Que la France multiplie par deux son territoire et son domaine maritime avec l’outre-mer, peuplée de blacks?

Sans doute n’a-t’elle pas prêté attention, quoiqu’elle se réclame de gaullisme, au parcours de Gaston Monnerville, Président du Sénat, qui fut l’un des acteurs du retour du Général aux affaires, et qui aurait pu être notre Président de la République à la mort de celui-ci, n’eût-il pris sa retraite l’année précédente?

Ni à l’épopée de Félix Eboué, gouverneur du Tchad puis de l’A.E.F, qui a rallié ces territoires à la France libre, et donné ainsi une légitimité territoriale à De Gaulle? Félix Eboué, compagnon de la Libération, qui repose au Panthéon?

Ni à Félix Houphouêt-Boigny, ministre de la République, rédacteur de la constitution de la cinquième, organisateur de la Françafrique?

Ni à notre ministre-poète Léopold Sedar Senghor, élu à l’Académie Française? ou à Aimé Césaire, autre poète immortel?

Allons Madame Morano, vous qui êtes orpheline de votre grand héros Nicolas Sarkozy, reprenez vos esprits, et trouvez-vous d’autres héros, comme ces tirailleurs sénégalais assassinés par les nazis parce qu’ils étaient noirs. Ou encore cette poignée de  réfugiés érythréens que nous allons recevoir après leur Odyssée de souffrances, et qui feront sans doute d’excellents français.

 

Migrants: résister à la veulerie

Lors même que la frilosité, sinon la lâcheté se répand comme une tache sombre sur la France des Droits de l’Homme, ne restons pas muets de honte. Nous faut-il une nouvelle exode pour nous rappeler ce que nos anciens ont vécu en 1940? Comment, ces frères humains qui souffrent la guerre en Syrie, en Irak,en Lybie, au Soudan, la dictature en Erythrée, et même la dictature de la faim au Sahel, ils viendraient donc menacer notre quignon de pain et notre sens étriqué de la justice? Ces malheureux qui s’entassent à Vintimille devant notre Côte d’azur cadenassée (sauf pour le Roi d’Arabie…),  qui piétinent à l’entrée du tunnel sous la Manche, dont l’Etat fait semblant d’interdire le passage, alors que nous souhaitons évidemment qu’ils atteignent l’Angleterrre, nous français ou européens nous achevons de les tuer?

Heureusement des voix s’élèvent, telles celle d’Unicef, effarée par l’indifférence au malheur des enfants: « Alors que l’Union Européenne peine à trouver un accord sur l’immigration, il faut rappeler qu’UNICEF a demandé avec insistance que les droits et le bien-être des enfants migrants soient au cœur de la politique d’immigration européenne et que dans cette démarche l’Union Européenne soit guidée par les valeurs qui lui sont chères.

Le nombre de personnes qui ont péri cette année en Méditerranée est 50 fois plus élevé que l’année dernière. Ce sont les enfants qui migrent seuls sans parents ou adulte responsable qui courent les plus grands risques. Selon l’Organisation Internationale pour les Migrations, l’an dernier, sur 170 000 migrants arrivant par bateau en Italie en provenance de Lybie, 13 000 étaient des enfants non accompagnés. Les enfants qui participent à ces voyages sont exposés aux sévices, à l’exploitation et peut-être à la mort. S’ils survivent, ils se retrouvent souvent dans des situations dangereuses ou inadaptées et peuvent même être traités comme des criminels. Ceci est en violation de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.
L’UNICEF estime que les discussions sur l’immigration sont l’occasion de renforcer la protection des enfants, ainsi qu’il est proposé dans les Directives de l’Union Européenne sur la « coordination et la coopération dans les systèmes intégrés de protection de l’enfant ».

© UNHCR/A. D’Amato

L’UNICEF a donc demandé instamment à l’Union européenne de suivre un plan de protection des enfants migrants qui comporte 10 points :

  1. Reconnaître et traiter tous les enfants migrants comme des enfants qui jouissent des droits énoncés par la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant.
  2. Appliquer les lois et les politiques existantes afin de protéger les droits des enfants touchés par les migrations par l’application de la directive de l’UE contre la traite, en privilégiant la prévention, la réduction de la demande et la poursuite en justice de tous ceux qui exploitent et maltraitent les enfants.
  3. La Convention Internationale des Droits de l’Enfant doit être toujours respectée et particulièrement lors des décisions sur la protection internationale, sur l’accord ou le refus des demandes de séjour ainsi que sur les transferts ou les retours.
  4. Protéger les enfants migrants, en renforçant les systèmes de protection de l’enfant au niveau national et en prenant des mesures à l’échelle européenne pour améliorer les normes de protection suivant ainsi les directives de la Commission Européenne sur « les systèmes intégrés de protection de l’enfant ».
  5. Ne pas placer les enfants dans des centres de détention et ne pas les séparer de leur famille.
  6. Respecter le droit maritime international et les coutumes anciennes pour sauver et protéger les vies lors des opérations de recherche et de sauvetage en mer.
  7. Les enfants et les femmes enceintes doivent bénéficier d’une attention et de soins particuliers pendant et après les opérations de recherche et de sauvetage,.
  8. Tous les enfants – quel que soit leur propre statut juridique ou celui de leurs parents – doivent avoir un accès équitable à une éducation de qualité, à des soins de santé, y compris de santé mentale, à la protection sociale et à la justice.
  9. Tous les enfants doivent bénéficier d’une protection égale sans aucune discrimination fondée sur leur nationalité, leur statut en matière de résidence ou de migration.
  10. Il faut investir pour trouver une solution aux causes profondes qui incitent les gens à fuir leurs foyers en particulier l’intervention d’urgence et le développement.

Yoka Brandt, Directeur Exécutif Adjoint de l’UNICEF a déclaré que cette tragédie qui affecte les enfants migrants va au-delà des rives de la mer Méditerranée. Où que soient ces enfants, en transit, sur les mers, ou sur les rivages de l’Europe et d’autres pays, ils ont le droit d’être protégés et soignés. Comme la migration augmente, l’Union Européenne doit saisir cette occasion pour appliquer ses lois et affirmer ses valeurs afin d’être un exemple pour le monde entier en termes de protection des droits des enfants et des familles de migrants. »